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.Je voudrais tenir ma joie, ma peine entre mes mains. Mon moral, mon humeur, mon bonheur même, dépendent si fort des autres. De l'ambiance dans la quelle j'évolue. Du monde qui est le mien. Je ne sais jamais de quoi la journée sera faite. Larmes, sourires ? Bonheur pur, ça devient bien trop rare.
Je trouve toujours le moyen de laisser une crasse, un mot blessant, une situation m'atteindre. Ca me fatigue tellement, pourtant.
Je suis épuisée d'être continuellement sur des montagnes russes.
Aller bien jusqu'à ce qu'il me donne l'impression en un instant que je suis trop. Excessive, amoureuse, en demande, possessive, fleur bleue, romantique. Idéaliste.. Impression que je me crée seule, évidemment. Parce qu'il me répète sans se lasser qu'il m'aime, que je ne dois pas m'en faire. Trois ans qu'il me répète les mêmes mots, ces mots qui sont sincères. Trois ans que malgré tout, une voix résonne dans ma tête : "Il est trop bien pour toi,et il finira par s'en rendre compte".
Je connais son fonctionnement par coeur. Au point d'être sûre qu'il ne me ment pas, que ça n'est pas pour être sans moi qu'il a besoin de temps en temps de moments seul avec lui même. Que c'est simplement pour être avec lui. Je le comprends, je le sais, et malgré ça, je chiale quand même. Sur le coup, ses mots me font mal, mais c'est à moi que j'en veux. Pourquoi je ne suis pas fichue d'avancer toute seule, de temps en temps ? Je sais qu'il est là, et qu'il m'aime. Qu'est ce qui cloche à ce point chez moi ? Pour que j'ai si peur de le perdre dès qu'il semble plus fort que moi..
Aller bien jusqu'à me rappeler qu'elle aussi a dégagé de ma vie. Volontairement. Elle dit elle-même que ça lui faisait du bien. Elle se sent LI-BE-R-éE. J'ai beau savoir que je ne devrais pas me baser là dessus, qu'elle n'est pas une référence en matière d'amitié, et plutôt un cas à part (et là, c'est loin d'être un compliment), je me remets quand même en question. Je pars du principe que c'est à moi de changer, de m'adapter. Pourquoi pour une fois, ils ne feraient pas un peu tous des efforts ? J'ai trop pris l'habitude de fermer ma gueule et d'encaisser.
Je me plie, je dis "oui-oui", en pensant qu'elle a tort. Ca me parait moins difficile, moins risqué. C'est elle qui s'est conduite comme une merde sur ce coup là. Et même si pour une fois, je ne rampe pas, je culpabilise un peu. Et j'y pense, le coeur serré. A croire que je rêve d'un destin de martyr.
Aller bien jusqu'à ce qu'en cours leur comportement me saute à la gorge. Cette compétition m'épuise vraiment. Rien qu'aujourd'hui, j'ai vu une fille parler de celle qui a longtemps été sa meilleure amie.. comme d'une menteuse, une fille stupide. Ca me déçoit. Pourtant, elle n'est qu'une connaissance. Mais ces horreurs là m'atteignent. Petite conne idéaliste.
La raison ? Elle est si bête : la compétition. Evidemment. J'ai envie d'exploser, d'hurler, de foutre le camp de là. Mais pour aller où ? C'est la même chose partout. Je ne trouve ma place nulle part. Je me traîne, me plait un peu, m'amuse de nouvelles rencontres, et me lasse si vite, si vite. J'en attends trop. J'espère des gens ce qu'ils ne sont pas.
Ce monde ne me plaît pas, vraiment pas.
Aller bien jusqu'au moment ou je m'assieds derrière mon portable, avec la ferme intention d'écrire quelque chose de bien. Je sens l'énervement, la colère noire monter. Puis les larmes. Ca fait des mois que je ne suis plus capable d'écrire quoi que ce soit de touchant, d'harmonieux. Ce que j'écris aurait plus sa place dans le journal geignard d'une adolescente de 14 ans. Je n'arrive plus à écrire, et ça me rend dingue. La seule chose que j'estime avoir su faire un jour correctement est en train de me laisser tomber. Et n'allez pas me dire que le texte précédent était joli. Il pue la facilité. J'ai puisé dans mes souvenirs, ma source intarissable : l'autre idiot. Et j'ai écrit de l'éculé. C'est tout ce que je suis capable de faire en ce moment.
Et là, c'est plus fort que moi.
Je suis en larmes, pour changer un peu.
Ici, ça se transforme en un journal intime médiocre, auto censuré, et mal torché.
Même écrire, je n'y arrive plus. Alors, quoi ?
Mais quelle conne, bordel.
Je suis en colère, contre tout et tout le monde, mais surtout, surtout, contre moi-même.
Et ça, c'est invivable.