Des Mots.

Des Mots.
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J'avais des mots d'amour, des mots tendres à la pelle, qui répondaient toujours présent. Des illusions, aussi. Surtout. Je les cherche en vain, les seuls que je trouve sont ce que je m'efforce de retenir. Des mots promesse. Des mots sans doute un peu menteurs, parce qu'ils voient plus loin que je ne peux imaginer. Ces mots ne sont pas projets, ils ne sont qu'espoir.
Mais s'ils me font peur, je crois savoir qu'il ne veut tout simplement pas les entendre. Refus, crainte, manque d'envie, je ne sais pas.
Ces mots sont tapis en moi depuis toujours. Mais.. ils étaient bien, dans l'ombre. Conscients qu'un jour, ils feraient leur sortie.
Je les retiens, tant que je peux, mais j'ai si peur qu'ils filent entre mes lèvres, qu'ils m'échappent.

La première fois que j'ai dit je t'aime, ça m'explosait les tempes, je ne pensais plus qu'à ça, c'était tout simplement plus fort que moi. Heureusement , c'est arrivé juste le jour ou il m'a dit ces trois petits mots précieux.
Quand je lui ai dit que j'avais envie de lui, chaque parcelle de mon corps le ressentait.

Je n'en suis pas encore là, mais parfois, quand il m'embrasse, ces nouveaux mots viennent me chatouiller l'
esprit.
Quand il me serre si fort, ou me dit des mots d'amour.
Ou comme hier, quand il m'a envoyé ces mots.

Ceux qui crèvent d'envie de sortir m'effrayent, parce que comme les précédents, ils ont un goût de certitude. Une force que je ne pourrai pas retenir éternellement. Et je ne suis pas sûre qu'il soit prêt à les entendre. Ni aujourd'hui, ni demain. J'ai l'impression qu'il me faudrait les retenir encore des années pour que le moment soit bien choisi. S'il existe un moment bien choisi. Ce dont je doute un peu. Je le connais suffisament pour savoir que des illusions, il en a encore moins que moi. Il ne les prendrait pas au sérieux, il penserait que je me trompe, ou que ces mots n'ont rien à faire entre nous.
Ils me terrifient, parce que mes mots se trompent rarement, mes émotions aussi. Peut-être qu'ils ne parlent que pour moi, peut-être qu'ils ont raison et que ce que je ressens est la réalité. Mais si c'est le cas, celle qui a le plus peur, c'est sûrement moi.

Ces mots sont des morceaux de rêve, des promesses lointaines. Des mots d'amour, que certains disent tous les jours, mais que je n'ai jamais dit.
Un peu parce que mes illusions ont été piétinées il y à longtemps par un grand con qui m'avait promis la vie, un peu parce que sa réaction à lui pourrait me faire si mal. Plus que s'il me disait que ces mots sont des mensonges, le silence qui me répondra sûrement me brisera un peu trop.

Alors, je retiendrai ces phrases, ces mots.
Même s'ils brillent de plus en plus fort au fond de mes yeux.
Même si parfois, je ne sais rien dire à la place.
Parce que ce qui s'impose, ce sont ces mots là.
Je les retiendrai le plus longtemps possible.

Mais je ne tiendrai pas toute une vie.

# Postato mercoledì 23 aprile 2008 04:48

Dis moi qu'un jour je retrouverai le courage pour avoir la vie dont je rêvais.

Le même shéma, à l'infini.
Le réveil et une pointe d'espoir. Le soleil qui s'infiltre par la fenêtre. Un sourire qui s'étire, doucement.
Choisir des vêtements dans les quels je me sentirai jolie, ceux des débuts de journée heureux. Ou des vêtements passe-partout, cache misère, cache ma peur. De ceux dans les quels ont peut se laisser effacer, doucement.
Et les cours, parfois, souvent, ça dépend. Plus l'envie, j'y vais par habitude, et parce qu'une journée perdue me fait me sentir un peu trop mal. Oui, tout ça changera dans moins de six mois. Je prendrai une autre voie, et les choses retrouveront un sens. J'aimerais pouvoir exister en attendant. Mais non.
Les cours deux heures, quatre heures. Un peu plus si.. si je me sens vraiment bien. L'impression de perdre du temps. D'être seule, seule. Sans avoir la force d'aimer d'autres personnes. Rentrer chez moi, un sourire aux oreilles un jour sur deux. Qui ne tiendra pas bien longtemps, mais qui naît parce que je le rejoins le soir. Le jour sur deux, celui qui reste, je le passe à attendre le lendemain. Ma vie me fait un peu peur. J'aimerais tenir debout.

Je m'arrête là, parce que comme chaque fois que j'essaye d'écrire, je bloque.
Et je sens les larmes de rage revenir.

J'espère trouver le courage de ne pas abandonner.


" Je ne suis pas heureuse."

Ca m'a demandé un effort considérable, mais je l'ai dit tout haut.
Et ça fait encore plus mal, tiens.

Comme une honte.

# Postato martedì 22 aprile 2008 10:00

Montre moi le monde du doigt.

Montre moi le monde du doigt.

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Il s'approche de moi, et je sens un poids s'envoler. Quand la chaleur de son corps se mêle à la mienne, je ferme les yeux. Et le monde disparait.

C'est une façon de fuir, je sais, mais dans ses bras, j'oublie ce qui me blesse et m'arrache des larmes. Instinctivement, je me roule, un peu. J'ai la position que prennent les bébés. Mais je m'enfous. Puisqu'il m'entoure doucement de ses grands bras en me répètant dix fois s'il le faut qu'il est là. Tout à moi. Et si je pleure, ça n'est plus de peur, plus d'angoisse, plus de tristesse. C'est parce qu'enfin, je trouve ma place.

Son t-shirt me gêne, me prive de lui. Je le soulève, et colle mon ventre au sien. Quand ça ne me suffit plus, je lui enlève. Embrasse chaque parcelle de son torse, et rêve de m'y enfuir.

Il allume des bougies autour de nous, et fait craquer une autre allumette. L'encens parfume la pièce. Une musique douce dans les oreilles, je me couche sur le ventre. Attend qu'il dépose son corps sur le mien, pour me sentir encore plus petite. Savoure. Je voudrais juste.. fermer les yeux.

Il attrappe un flacon d'huile de massage parfumée, et me masse le dos. Longtemps, lentement. Je ne veux plus rien savoir, juste en profiter, juste rester là, toujours. Quand après une éternité, il pose ses lèvres dans mon cou jusqu'à ce que je me retourne pour l'embrasser, je ne sais plus rien. Il est là, et le reste, je m'en fous. Sa peau, ses caresses, et lui qui entre en moi, doucement.

Je m'envole.

# Postato martedì 15 aprile 2008 05:56

Modificato mercoledì 16 aprile 2008 03:55

De moi.. J'en peux plus.

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Est ce que nos peurs valent à ce point la peine, pour exiger aussi peu de nous même ?


Ah je peux bien faire la fière. Dire qu'il y à longtemps, j'ai décidé sur un coup de tête de remiser mes peurs, de les envoyer balader à jamais. Je ne sais pas qui j'ai tenté de leurrer. Les autres, mais moi surtout.
Quelle idiote.

J'ai peur d'un peu trop de choses. Quand je fais un pas en avant, c'est pour en faire deux en arrière ensuite. Je m'entoure de gens que j'admire, peut-être juste pour le plaisir. De me sentir cruche, de me sentir bête, insignifiante.
Je vois leur réussite, et mes échecs. Je pourrais réagir, mais.. Tout ce que je fais, c'est me laisser couler. Tout doucement, tout doucement.
Ne pas essayer m'empêche de ne pas y arriver.

J'ai entamé des études qui ne me plaisent pas. Dans les quelles je m'ennuie. C'est le cas d'un tas de personnes qui se sont inscrites cette année. Et qui vivent ça parfaitement. Elles se sont trompées, mais qu'importe, l'année prochaine, elles essayeront autre chose. Ca ne les empêche pas de se sentir bien dans leur peau, intelligentes, sûres d'elles. Alors que moi.. Je me persuade d'être une sous merde, pas fichue d'arriver enfin à quelque chose. Incapable de me raisonner et de me dire qu'au fond, ça n'a aucune importance : je me suis trompée de voie, je trouverai autre chose. Mais non, non.. une petite voix me répète inlassablement à quel point je suis idiote. Et là, il n'y a plus qu'à faire l'autruche, et attendre en serrant les dents qu'un brin d'estime me revienne. Tu parles, je peux l'attendre longtemps.

L'année prochaine, ça ira mieux. En tout cas, je l'espère, parce que c'est déjà ce que je pensais l'année dernière.

J'aimerais pouvoir admettre qu'une erreur, ça n'est rien. Qu'on s'en fout, que la vie est encore longue, et qu'on peut toucher un peu à tout avant de se fixer. J'aimerais.. mais je n'y arrive pas. Je pense à lui qui réussit systématiquement tout ce qu'il entreprend. Et je l'admire. En me demandant vraiment ce qu'il peut bien trouver de si bien en moi, pour rester amoureux.


Je vais bien, tout va bien, je vais bien, tout va bien.

Est ce qu'un jour, ça ira mieux ?
Est ce qu'un jour, j'accepterai le fait de ne pas être dévorée par l'ambition, d'avoir juste l'envie d'être heureuse ?
Parce qu'au fond.. Les études, je n'ai jamais aimé ça. Et qu'il n'y à rien de mal à ne pas se plaire à l'unif, ni à chercher des études qui ne comportent ni langues, ni mathématiques. Il n'y a rien de si honteux à vouloir s'enlever d'éventuels batons dans les roues. Alors pourquoi je n'assume pas ?

J'voudrais apprendre à me moquer du regard des gens.


Et plus que tout, je voudrais retrouver mes mots.
Ils ont disparu il y à quelques mois. Quand un copain n'a rien trouvé de mieux que de m'envoyer un sms : "je t'ai trouvée.. mot-a-mot, c'est toi".

Depuis chaque fois que j'écris, c'est avec des larmes plein les yeux. Et pas d'émotion douce, pas parce que ça me fait du bien, oh non. Juste parce que je suis en colère, tellement, d'avoir perdu la seule chose dont j'étais fière.

# Postato lunedì 14 aprile 2008 05:55

Modificato lunedì 14 aprile 2008 20:29

Un morceau de rêve.

Un morceau de rêve.
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Je ferme les yeux, et je vois un endroit à moi.
C'est un lieu calme, aux couleurs chaudes et douces.
Elles invitent à la tendresse, à la passion. Ce lieu, c'est une pièce. Pas trop grande. Je n'ai pas les dimensions précises dans la tête, et les contours en sont floutés par des superpositions de tissus. Sur ces tissus, je pique des bijoux. Colliers, boucles d'oreilles, peut-être même des bracelets. Une bague ou l'autre, disséminées ça et là, mais pas trop. Surtout pas trop.
Le long des murs, des rideaux, se tiennent des meubles anciens. Les tiroirs en sont entrouverts. A l'intérieur, on y trouve de la lingerie. De jolis ensembles coup de coeur. Qui mettent les corps, les corps un peu trop minces en valeur. La taille maximale est un bonnet C. Je sais, ça ne plaira pas à tout le monde, tout comme ça ne conviendra qu'à une partie des gens. Mais ce lieu m'appartient, ce lieu est une partie de mon reflet. On y trouve aussi quelques objets coquins. Mais pas salaces, non. Féminins, sexys, sensuels. Des objets qui invitent à l'amour amoureux. Sur le dessus des meubles anciens sont exposés quelques petits objets décoratifs. Les dominantes sont le rouge, le pourpre, le bordeau, le mauve, le parme. Il y à de l'encens qui brûle. Mais on le sent à peine.

Au milieu de la pièce, des portants. Sur ces portants, des vêtements. Blouses, t-shirts, chemises. Il y à très peu d'exemplaires de chaque taille. Pour donner l'illusion d'être unique, à défaut de l'être réellement.
Quelques robes. Très peu de jupes. Les pantalons, eux, sont imbriqués dans des petites étagères murales.



Ce lieu, que je vois quand je ferme les yeux n'est qu'une ébauche.
L'ébauche d'une petite boutique dont je n'ai pas encore trouvé le nom.

J'aimerais beaucoup qu'au fond se trouve un petit comptoir, avec une caisse à l'ancienne.
Juste derrière, il y aurait moi.

# Postato sabato 05 aprile 2008 15:34