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Elle a tiré la première.

Elle a tiré la première.
<3

C'est comme un sourire dans l'air, une impression légère d'abandon.

Ca fer
ait trop mal, sinon. Sortir de là et y penser encore, non. En quittant la salle, elle a senti ses épaules s'affaisser, son désespoir poindre un peu trop fort. Encore raté. Elle s'est maudit, se traitant avec une cruauté que jamais elle n'oserait adresser à d'autres. Attaquant ses points faibles qu'elle connait si bien, les malmenant, jusqu'à ressentir une brûlure cuisante. Celle de l'échec, encore, toujours. Elle ne se souvient plus de ses derniers succès, mais parfaitement de cette foule d'erreurs qui jalonnent son parcours. On les lui rappelle bien trop souvent pour qu'elle puisse les oublier.

En sortant du b
âtiment, elle l'aperçoit au loin. Ce garçon un peu trop charmeur, si sûr de lui, qu'elle a rendu malade quelques mois auparavant. Oh, pas malade d'amour, ça non. Elle ne sait même pas si un jour il a déjà été amoureux, vraiment amoureux. Mais rendu fou à force de ne pas céder. Il avait tout fait pour l'avoir. S'était montré parfait. Des promesses, des mots tendres, et une présence réconfortante. Il avait simplement sous éstimé l'amour qu'elle portait à son homme à elle. Toute cette histoire n'a jamais été qu'un jeu. Les mots mentent si facilement. Ses promesses étaient fausses. Du moins, c'est ce dont elle est persuadée. Trop cynique, alors que tant la croient trop naïve, elle n'aurait jamais pu croire en la sincérité d'un tombeur invétéré. Oh non..

Curieu
sement, ça n'avait pas été très compliqué de lui résister. Il parait que c'est toujours difficile de résister à l'incarnation de la perfection. Et elle doit bien lui reconnaître ça. La perfection, il l'avait mimée avec brio. Mais si l'espace d'un instant, elle a pu se demander pourquoi elle n'avait pas toujours droit à ça, jamais elle n'a imaginé partir. Aussi imparfaite puisse paraître sa relation aux autres, elle la trouve bien trop belle pour ça. Jamais elle ne la salira. Pas pour ça, pas pour des fausses promesses, ni des yeux qui font semblant de briller d'émotion, alors qu'ils ne brûlent que d'envie, de désir, d'avidité. Oh, non. Elle n'est pas si naïve.
Et ça, ça l'a rendu fou. Il ne comprenait pas pourquoi son numéro d'homme parfait ne prenait pas. Il n'imaginait pas.. La force de ce qui la brûle si fort à l'intérieur quand elle pense à lui, à son amoureux. Il s'est attaqué à plus fort que lui. Et a fini par le reconnaître.

Le jeu s'arrête là.
Ou pas.

Cette
fille un peu paumée, une ombre dans les couloirs, qui ne sait pas encore en fin d'année ou se situent tous les locaux, pour ne pas les avoir suffisamment fréquentés cette année, cette fille là a en elle une chose qu'elle adore autant qu'elle déteste.
Un ch
arme un peu naïf. Un regard allumeur accroché à un visage d'adolescente qui quitte juste l'enfance. Et cette chose lui joue parfois des tours. Parce qu'elle revient quand la vie lui parait un peu trop dure, un peu trop sombre. L'enfant en elle sourit, rit, sautille, pose sa tête sur une épaule, cherche la chaleur humaine des confidences. Et l'enfant n' a pas conscience de la porté de ses actes anodins. Pas vraiment. Il cherche juste à se rassurer, à se prouver qu'elle est toujours la plus jolie, toujours celle qu'on cajolera. Cette chose enfouie en elle lui joue parfois des tours qu'elle déteste.

Il lui a fai
t signe, assis dans l'herbe. Autour de lui, son harem. Cinq ou six filles, comme toujours. Qui lui sourient, et passent tous ses caprices. Murmurent son nom, le souffle court, dans le creux de son oreille le soir. Ses groupies. Oui, c'est vraiment ça.
Le rejoignant, elle
s'assied à coté de lui. Ne fait pas attention à toutes ces filles, sympathiques, jolies. Toujours du même type. Curieusement, elle détone. Elle est encore une fois celle qui a l'air la plus jeune, alors que bien sûr, elle a au moins un an de plus que toutes ces filles. Il séduit au préau, avec une facilité déconcertante. Encore, toujours.
Et se
confie. Raconte l'examen, raconte les regards et les rumeurs insupportables, toutes ces choses qu'elle exècre et qui étaient légion cette année. Et sourit, doucement. Un poids en moins, le c½ur allégé pour quelques secondes, minutes, heures.
Se re
nd compte, malgré tout, que son sourire doit encore se jouer d'elle, aux regards que les autres filles lui jettent. Elle est l'intruse, mais s'en fiche pas mal, puisqu'il n'a d'yeux que pour elle. Qu'elle confond avec les oreilles. Elle a simplement besoin qu'on l'écoute. Il n'écoute pas. Il fait juste semblant. Et ça fait illusion.

La pluie to
mbe.
En se levan
t, elle pense à son homme qu'elle retrouvera le soir.
Elle
a hâte. C'est de lui qu'elle a besoin.
Parce qu'
avec lui, ces regards de petite filles qui s'égarent ne lui jouent pas de tour. Il n'en profite pas, n'en a jamais profité. Quand elle pleure, il l'écoute, la console. La regarde, sans penser à mal. Sans voir plus loin. Pas comme ces autres, avec qui elle fait tout de travers.
Les gouttes de plui
e se font trop épaisses, elle passe son blouson au dessus de sa tête, et rit. Quand il pleut, elle rit toujours. C'est plus fort qu'elle. La pluie n'a rien de drôle, mais les grosses goutes la rendent hilares. Enfant, enfant, enfant.
Il lui souri
t, et elle comprend que son naturel n'a plus sa place ici. Son regain d'enfance doit s'en aller vite, ou encore une fois, il va donner d'elle une image qui ne lui correspond pas.

Elle dit au revoir
, et s'éloigne.
L
es filles lui font un petit signe et disparaissent.
Elle
accélère, soulagée.
Il la
rattrape, la fait pivoter en tirant sur sa manche.
Pose l'une de ses mai
ns sur ses hanches, et l'attire à lui.
Un
geste doux qui ne lui ressemble pas.
Elle n'a qu'une dem
i seconde pour tourner la tête et crier non.



" Allumeuse ".

Les mots cl
aquent, son rire aussi.
Il dit qu'un jour, elle ne pourra que céder. A son charme, et si pas au sien, à celui d'un autre.
P
arce que ce jeu là, celui du désir, de l'envie, de la sensualité coule dans ses veines. Un peu trop fort. Juste un peu trop fort.
Un jour, il
prendra le pas sur tout, même sur l'amour, c'est ce qu'il lui assure.

Dans ses y
eux à elle, deux larmes pointent.

Elle tourne les
talons.
Se disant qu'i
l a tort.
Qu'elle n'aime
pas ce monde, ou les hommes se pensent irrésistibles, et ou chaque fille qui sourit est classée allumeuse. Qu'elle se souvient d'un temps ou tout était plus simple. Ou son sourire, et ses yeux qui brillent ne lui apportaient pas d'ennuis.

Et il a
tort.
Elle ne craquera
pas, jamais.
Entre ses ma
ins, elle tient l'amour.
Le vrai, le pur. Celui
qui tient chaud, celui qui fait mal, qui fait se tordre le ventre quand on imagine seulement sa fin. Celui qui nous attache au point qu'une séparation de quelques jours donnent l'impression que c'est un bras qu'on vous arrache.
Celui qui donne des
frissons, quand on s'imagine dans les bras d'un autre, mais des frissons de dégoût.

Elle a été cet
te fille allumeuse, il y à longtemps.
Avant de com
mencer cette belle histoire, elle a été cette fille qui avait besoin d'un regard rassurant, de chaleurs inconnues, de fausses promesses. Elle a éte cette fille là. Mais depuis plus de trois ans, elle n'a jamais regretté cette partie de sa vie. Jamais. Et tant que l'amour continuera, jamais elle ne la regrettera. C'est comme ça.
Elle a cette chance énorme, de partager une histoire d'amour avec un garçon qui a une totale confiance en elle. Et elle ne la perdra pas. C'est hors de question. Simplement.

L'amour est pl
us fort qu'elle, plus fort que ça, plus fort que tout.
Un point c'est tout.
# Posté le mercredi 04 juin 2008 13:28
Modifié le lundi 09 juin 2008 03:48

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