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Tu tiens ma jOie, ma peine, entre tes mains.

Tu tiens ma jOie, ma peine, entre tes mains.
Son regard un peu dur. Des mots jetés comme ça, sans trop réfléchir. Juste parce que l'énervement, la fatigue laissent filer un peu trop facilement des phrases piquantes. Que j'interprête mal, évidemment. La peur prend le pas sur la réflexion. Je sens mon corps qui se tend. J'ai très mal dans le cou, soudainement. Je retiens mon souffle. Ravale mes larmes, sinon je n'arriverai pas à sortir un mot. Cette drôle de sensation d'être là, et en même temps très loin. Une certitude douloureuse me paralyse. Les mots tournent en boucle dans ma tête, bien trop vite. Besoin d'être seul, c'est ce qu'il a dit. Et va savoir pourquoi j'imagine le pire. Il est en train de me quitter. C'est ce qui me vrille les oreilles. Il me quitte. C'est fini. J'ai des tonnes d'images qui valsent devant mes yeux. Elles font mal. Je m'accroche, et lui demande de combien de temps il a besoin. Mes pensées s'emmêlent, je pense c'est la fin, je pense il a besoin de temps, une pause, mais une pause, ça n'existe pas, une pause, c'est dire c'est fini mais je ne suis pas capable de te détruire en une seule fois. Je retiens mes larmes si fort que mes mâchoires crissent quand je lui redemande de combien de temps au juste, il a besoin.

A son regard, je sais que je me suis trompée. Que tout ça, c'est dans ma tête. Qu'être un peu seul signifiait simplement passer une fin de soirée en tête à tête avec lui même.
Mes barrières maintenues par le fil ténu de cette tension dans tout mon corps lachent enfin.
Je n'avais plus eu si peur depuis.. Longtemps. Plusieurs années, je crois.
Je suis soulagée, et pourtant, c'est à cet instant que je perds les pédales. Plus capable de respirer, des larmes à n'en plus finir, et une colère effroyable, mais courte. Un élan de rage. J'ai eu si peur. Ma tête menace d'exploser, ça fait si mal, si mal. J'avais oublié que la terreur est aussi physique, que l'angoisse donne envie d'hurler de douleur, parfois. Tout tourne autour de moi, j'ai comme une envie de vomir, comme une envie de partir très loin et de ne pas revenir. Cette sensation se dissipe vite.


Et ce constat qui m'effraye au plus au point, quand la nuit, je m'endors enfin, le nez dans son t-shirt, à défaut de ses bras : il tient ma peine, ma joie, entre ses mains.
# Posté le mercredi 19 mars 2008 06:03

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