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L'amitié, la confiance. Je ne sais plus. J'ai mes repères. Mes repaires. Et les autres, à côté.
Il y à quelques années, je suis tombée malade.
Oh rien de si terrible, juste quelque chose qui m'a volé six mois de vie.
Une mononucléose, rien de bien méchant. Je n'étais juste plus bonne à rien.
J'ai passé un temps considérable toute seule. Mes journées seulement égayées par quelques rares personnes. Trois ans après ce sont celles là qui font encore partie de ma vie. Les autres, ils sont morts. Je les ai sortis de ma vie un par un. Quand il ne m'y ont pas forcée.
Mon meilleur ami venait m'apporter des éclairs, en cachette. Sa mère ne voulait pas qu'il vienne me voir, la faute aux microbes. Et sûrement un prétexte pour tenter de nous éloigner. Raté. Il venait, quand même. Ca m'aidait, vraiment. Il m'épuisait, juste à me parler, mais ça me faisait du bien, aussi.
Puis, mon amoureux, évidemment. Il était là, plusieurs fois par semaine. On aura tenu trois jours sans s'embrasser, pour ne pas le rendre malade. Trois jours, pas plus.
Et ma *elle, elle a mis un peu plus de temps à venir. Un malentendu, mais après, elle ne m'a plus lâchée.
Heureusement, j'avais aussi des contacts avec ma meilleure amie. Un peu moins, mais.. Ca ne changeait rien. Elle était là quand même.
Ils m'ont aidée à tenir, pendant que dans mon dos, les faux amis se révelaient.
Maintenant, ça me ferait presque sourire.
Je n'ai perdu que des riens, des gens qui ne valaient pas la peine. Mais sur le coup, ça m'a décue à un point que je n'aurais jamais imaginé. Ca a cassé quelque chose en moi.
J'ai perdu la confiance. Je ne sais plus faire confiance, spontanément.
Quelqu'un de gentil ne l'est jamais sans raison. Il me veut sûrement quelque chose.
Si c'est une fille, je me méfie des mots. Elle risquerait de transformer un rien en tornade. Si c'est un homme, je me demande s'il s'intêresse à moi, ou s'il veut juste m'allonger. Alors, à eux, je brandis mon bouclier.
J'aimerais tellement réapprendre à m'ouvrir spontanément.
Tellement.
J'y arrive un peu, ici.
Je pense qu'une demoiselle se reconnaîtra, en particulier. Je me confie plus facilement à elle qu'à des gens que je cotoye chaque jour. Elle est en quelques sorte ce qui manque à mon quotidien : une confidente.
Parce que bien sûr, comme je l'ai dit, mes essentiels sont là. Mes meilleurs amis et mon amoureux.
Mais.. Pas chaque jour.
J'arrive enfin à revoir ma meilleure amie régulièrement, et la période ou on se voyait chaque jour me manque. Pareil pour les autres.
J'ai pris l'habitude d'écrire ici, et d'être lue. Et j'ai tissé quelques liens. Des plus importants que d'autres. Certaines personnes m'ont touchée extrèmement fort. Ce sont d'ailleurs les personnes qui figurent dans mes favoris. J'ai parfois l'impression qu'elles ont réussi là, ou les personnes de la "vraie" vie ont échoué. J'ai plus de confiance en des presques inconnues qu'en des gens que je vois chaque jour. C'est plus fort que moi.
Je voudrais réouvrir la porte que j'ai fermée il y à déjà longtemps.
Mais les rares fois ou je le fais, j'en souffre.
Cet été. Une fois. Une rencontre. "Bouh". Et il faisait partie de mon quotidien. J'ai fait la bétise immense de m'attacher. Un mois, ça compte. On se voit encore, mais plus rarement. Mais il a ouvert cette porte, et je le regrette parfois. Je n'aime pas ce manque un peu bizarre. Je crois que cette amitié fugace à compté plus qu'elle n'aurait du. J'ai ouvert la porte à un mauvais moment. Il me manque "un peu", et ça ne me plait pas. L'amitié, c'est offrir un peu de soi. Je pense que je n'étais pas encore prête à le faire à ce moment là.
Peut-être un jour ?
