Un mort, un ancien amour, une amitié perdue, ces faux oubliés qu'on camoufle dans un coin de nos têtes ou l'on empile religieusement chaque mot échangé, chaque baiser, chaque souvenir.
Et les adieux. Avortés, ou si violents.
Plus loins dans la tête, plus loin du coeur ?
Peut-être, si je rêve, on utiliserait cette drogue comme une thérapie.
Un moyen comme un autre de mettre enfin le passé bien à plat. Qu'il n'ait plus jamais l'occasion de faire des vagues, de se rappeler à nous. On sait trop bien les souvenirs qui tordent le coeur.
Un moyen pour avancer sans regrets, sans peur, sans colère. Juste avec quelques sourires au fond des poches.
Peut-être, cette drogue nous tuerait.
Nous mettant face à un passé que l'esprit à lui même choisi d'occulter pour toujours. Ou face à des fantômes plus dangeureux que le mien. De ceux dont la simple vue fait trembler.
Cette idée n'est pas la mienne.
Je l'ai puisée dans un épisode des 4400. Episode visionné trois fois de suite.
Le coeur au bord des yeux.
Une question : Quel serait votre fantôme ?
Est il mort, ou vit-il quelque part, heureux, le meilleur vous même sous les pieds ?
Je n'ai pas eu le temps de me poser la question.
J'avais déjà la réponse.
Son image plantée dans mes yeux.
Lui, une évidence.
De celles qui vous froudroyent par leur netteté.
Combien de temps encore le restera-t-il?
Premier sentiment après ces images : La déception.
Cette substance n'existe pas. Et elle n'existera jamais.
Si je ressens un jour le besoin de mettre mon passé à plat, je devrai le faire avec lui, face à lui, son regard planté au fond du mien.
Et pas face à un fantôme ressucité depuis mes souvenirs.
Et je me suis promis de ne jamais aller le rechercher.
Jamais.
Même quand ça me brûle.
Même si certains soir, ça me brûle encore bien trop fort.
Dans mes dents cette affreuse sensation d'envie et cette certitude qu'elle finira par devenir un besoin.
Me retrouver face à lui. Seule avec lui.
Une parenthèse dans le temps.
Parler, le regarder m'écouter, poser des questions. Crier, pleurer, hurler.
... Tuer ma colère.
Au fond, il n'est pas mort.
Je ne l'ai pas tué.
Je n'ai fait que l'enfermer tout au fond de moi, dans cet endroit dont je suis la seule à posséder la clé esperant qu'un jour il disparaisse.
Mais comment pourrait il un jour s'enfuir, si j'ai gardé la clé?
J'attends toujours.
Et s'il ne partait jamais ?
Ne restera pas sur l'article.
Profitez, et écoutez les autres :)
