Princesse.

Princesse.
[ Petit texte écrit en 2005 ]



Princesse... Princesse... Princesse...Ce mot qu'on me le dit encore si souvent.
Comme
une marque d'affection, ou d'amitié, je ne sais pas au juste. Une simple marque..

Princesse... Princesse... Princesse...

Les voix qui murm
urent ce mot à mon oreille ne sont pas les bonnes. Tout ce qu'elles font, c'est me ramener aux sOuvenirs. A chaque fois.
A ce grand con, que
j'aimais tellement.

Princesse... Princesse.. Princesse...

Quand il pa
rlait tout bas, et que ce mot lui échappait, il m'embrassait tout de suite, pour pas que j'ai le temps de rougir.

Princesse... Princesse... Princesse..

Sa langue f
rôlant la mienne, il promenait ses mains sur tout mon corps, au dessus du tissu, je frissonnais de la tête aux pieds, pendant qu'il me répétait comme une litanie :

Ma Princesse... Ma Princesse... Ma Princesse..

Ses doigts passaient doucement sous mes vêtements d'été, si légers mais encore de trop, et il caressait lentement ma peau, son souffle chaud se perdant dans le creux de ma nuque.

Ma Princesse... Je t'aime... Ma Princesse...

Je le senta
is devenir roc contre moi, à mesure que ses mots cognaient mon c½ur, toujours plus fort. J'en attrapais mal au bide, d'un mal que j'aurais échangé pour rien au monde.
D'un mal qui rend fou
. Qui fait tomber toutes les barrières de la timidité et de la pudeur.

Ma Princesse... Je t'aime... J'ai envie de toi...

Et on basculait da
ns son lit, tous les deux, son lit juste assez grand pour qu'on y tienne sans que ses pieds ne dépassent. J'avais toujours pas dit un mot, depuis le premier « princesse » qui avait passé ses lèvres, mes mains parlaient pour moi.
Je savai
s que nous deux, ça durerait pas, c'était trop de passion d'un coup, trop de cris, de bonheur, de larmes. Un mélange explosif qui allait m'abîmer très vite, et le lasser encore plus tôt.
Al
ors, je fermais les yeux pour savourer, puis je les ouvrais bien grand pour photographier la magie et la garder en moi longtemps, longtemps.
C
es yeux qui se plissaient...c'est l'image que j'aime le plus..

Ma Princesse...

Quand finaleme
nt on se retrouvait nus l'un contre l'autre, ça me frappait, la vie qui tambourinait jusque dans mes tempes et qui soulevait son torse trop mince à chaque battement.
Nus et moites, encore t
out essoufflés, c'est là que je lui disais que je l'aimais et que je l'oublierais jamais. Puisque je savais...

Ma Princesse, dors, Ma Princesse...

Et le reste auto
ur de moi s'écroulait. Y avait plus que lui, et ça c' était tellement bon que parfois, je me disait que c'était pas possible, que d'une minute à l'autre, j'allais mourir, ou que tout allait s'arrêter quand j'ouvrirais les yeux, seule au fond de mon lit..
Quelqu
es semaines plus tard, je me suis réveillée au fOnd de mOn lit. Je suis mOrte un peu, pendant trOp lOngtemps, mais j'ai fini par me relever. Y à plus qu'une chOse : Je n'arrive plus à suppOrter ces mOts là.. "Princesse" me dOnne tOujOurs envie d'hurler.. Je n'avais pas 15 ans. Il n'avait pas le drOit. Même si je lui avait donné..


By atOnetOile.
08/06/05.


Tu sOuris
Moi le chat
Qui te rit
Dans les yeux.

Tu sOuris
Moi le chat
Qui t'Oublie
Déjà.

# Posté le mardi 07 août 2007 05:30
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 05:41

L'ivresse.

L'ivresse.

;;;;;;;;

L'envie d'écrire, elle te prend là.
Là ou ça bat, là ou ça tremble.
Et on ne peut pas aller contre. Il n'y à rien à faire. Tout s'éclaire. Tout s'arrête.
L'envie d'écrire, c'est tellement, tellement.. Etre là et être ailleurs. Etre là mais ne plus l'être pour personne.
Une transe. Pas celle qui vous révulse les yeux, juste celle qui vous fait décoller. Qui envole vos angoisses, vos soucis.
Mais aussi tout ce qui est beau et important autour de nous.
On combat les maux par les mots. On y enferme le trop beau. On y emprisonne l'émotion. Les souffles de vie. Les larmes. Les cris. Les rêves. L'envie.
Les mots..
Ils nous prennent, ou ne nous touchent jamais.
S'ils nous touchent un jour, on est foutus.
Perdus.

Une phrase nous fera pleurer.
Une autre trembler.

Mais elles ne nous laisseront plus jamais insensibles.

J'me vois marcher avec une amie. Tenter de me concentrer sur notre conversation, alors que je n'ai qu'une idée en tête, écrire, écrire, écrire. Ca m'est venu comme ça. Les quelques mots d'une histoire. Ils ne sont pas la vie, la vraie vie. Mais ils m'ont choisi. Les phrases s'enchaînent les unes aux autres pendant quelques minutes. Tout semble si limpide. Mais l'écriture exige. Et ne transige pas. C'est maintenant, tout de suite. Ou jamais.

J'me vois rentrer tant de fois, en courant presque.
Vite retrouver mon clavier. Ne pas perdre mes idées. Et taper, taper. Voir l'heure filer dangereusement, voir la nuit descendre. Et mon texte s'achever. Les savoir dans la vraie vie, moi ici. N'en être pas déçue. Je ne l'ai pas choisi. Et c'est ma vie.

Je ne sais plus qui est la personne qui a dit : "les deux angoisses de l'écriture sont : n'avoir rien à dire et n'avoir jamais fini de dire."
Je n'ai jamais rien lu d'aussi vrai.

L'écriture me fait parfois penser un peu d'autisme.
Se couper du monde. Ne plus vouloir personne. Et laisser "quelque chose" nous emporter.
Je connais mes premiers mots. Jamais les derniers. Je les découvre à mesure que je les couche sur le papier. C'est quelque chose de plus fort que moi. C'est quelque chose qui est là, toujours. Qui ne s'exprime que parfois. Ces rares fois ou.. "ça" se produit, je suis tellement fière du résultat. Je me sens grande, j'ai confiance. Les milliers d'autres fois ou je ne suis pas satisfaite.. Les milliers d'autres fois ou je suis seule devant le papier, ou "ça" n'est pas là.

Ces milliers de fois sont exposées ici.
Les quelques rares fois, sont rangées au fond d'un tiroir.
Et c'est peut-être absurde de garder le meilleur et de n'exposer que le moins bien.
Mais peut-être que j'ai trop d'égo pour supporter de voir critiquées ces quelques nouvelles qui m'ont volé des nuits, des jours.
Ma préferée, je l'ai écrite en classe. Le prof me l'a volée. En tout cas, c'est ce que je lui ai dit. Je l'ai traité de voleur. Avant de lui arracher les feuilles des mains et d'attérir chez mon proviseur consterné.
C'est marrant.. La seule fois ou vraiment, j'ai vécu quelque chose de grand en classe, j'ai gagné ma seule et unique retenue.

" Ce n'est pas en classe qu'il faut écrire."

Ah non? Ou dois-je écrire alors? Dans mon lit? Mais si à ce moment là, ça ne vient pas?
Il m'a proposé un deal. Pas de retenue, pas de texte. Si je tenais vraiment à le récuperer, j'acceptai de passer deux heures de retenue.

"Quand?"
" Sur le champ."
"Parfait."

Je suis partie terminer mon texte.
Ce proviseur adoré des années auparavant a à nouveau affiché cet air semi déçu-semi mauvais.
C'est ce jour là que j'ai définitivement cessé de le considérer. De le considérer tout court.
Il est le dernier à m'avoir déçue là bas. Bah. Je l'ai déçu aussi. Un partout.

Pour en revenir à ce texte.
Il est mon préferé, le plus beau à mes yeux.
Mais je suis totalement incapable de l'exposer.
Tellement peur..
De je ne sais pas.

M'être trompée.

Ecrire, c'est la seule chose qu'à ma connaissance, je fais bien.
Si mon amoureux était là, il me dirait en riant que c'est faux, que je fais aussi très bien l'amour.
Mais..

Si je me suis trompée?
Si je ne suis pas faite pour ça.
Non plus.. ?

....



[ Encore 5 jours. :/ ]
# Posté le vendredi 03 août 2007 06:59
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 05:42

C'est...

C'est...

Parce qu'à la question posée par le dernier article de ce blog , ( :-) ) j'ai envie de répondre :

Parce que partir loin, sous le soleil, avec son homme, c'est..

se couper du quotidien, être loin, et l'être à deux, c'est aller au resto deux fois par jour, et manger des crèpes, c'est boire un verre le soir, vue sur mer, bronzer au soleil, l'embrasser sur la plage, dans la piscine, se promener sans but précis, avoir le temps, vraiment tout le temps de se raconter des détails, des futilités, ou des choses importantes, c'est n'avoir aucune parcelle de quotidien qui vienne s'immiscer entre nos essuies, pouvoir se promener jusqu'à minuit avec presque rien sur le dos, en ayant jamais froid, se dire qu'on est heureux, qu'on est bien là, et qu'on aimerait arrêter le temps, c'est faire l'amour sans se soucier une seule seconde que quelqu'un nous entende, n'avoir que nous. C'est comparer nos bronzages quand je sais que c'est perdu d'avance. C'est s'étonner qu'une semaine soit déjà passée. Faire du shopping, ramener des souvenirs inutiles, mais des souvenirs, des tas de souvenirs, des photos, de nous, encore nous, et parfois la Mer.. C'est se poser dans le sable, regarder les nuages, et s'amuser à les décrire. C'est n'avoir peur de rien.
C'est une bouffée d'air frais. Une bulle de souvenirs. C'est un morceau d'ailleurs. Au goût de bonheur. Que rien ne vient troubler. A part peut-être, l'idée du retour.

Parce que partir en amoureux, c'est prendre conscience qu'on est réellement bien, les yeux dans les yeux. Et pas seulement quelques heures par ci, par là. Mais aussi des journées entières qui se suivent. C'est le regarder et le trouver beau. En rougir, bêtement. C'est savourer les moments ou on ne dit rien. Ou on est juste.. là.

C'est se dire qu'on est heureux.
Emmerder les envieux.
C'est pouvoir dresser une liste de nouvelles premières fois. Et sous le soleil, s'il vous plaît..

C'est l'entendre me glisser à l'oreille qu'il a passé une semaine merveilleuse. Et que c'est.. ma faute à moi.

C'est se couper de tout le reste. Et c'est vraiment bon. Ne pas prendre même un seul appel, parce que.. ça écoulerait tout notre crédit. Hum. L'excuse. Hum. Bonheur.





* J'ai jamais aimé comme ça, avant,.
Moi non plus. *
# Posté le mercredi 01 août 2007 07:38
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 05:42

Perception.

Perception.



Perception du temps si différente selon l'humeur.
Non, pas l'humeur, puisque l'humeur varie selon..
Lui.
Perception du temps si différente selon lui.
Plus exact, mais plus difficile à écrire. [ A avouer? ]

On a passé à peu près dix jours ensemble. 7 en vacances, loin d'ici. 7 jours de bonheur. Je ne vois pas comment résumer ça de manière plus juste. Le bonheur. Donc, 7 jours là bas. Et trois par ici. Ces dix jours sont passés à une vitesse incroyable. J'aurais tout fait pour arrêter le temps, pour le ralentir, pour avoir une prise quelconque sur lui. Mais bien sûr, je n'en ai eu aucune. Ces journées sont passées si vite, parce qu'à chaque instant, il était près de moi. Peut-être pour certains d'entre vous, ces dix jours on été une éternité. Pour d'autres, ailleurs sur la planète aussi. Des gens malheureux, des gens en attente, ou plus simplement des gens qui s'ennuyent.

[ Effroi : Je ne me rappelle plus l'ennui de la solitude. J'ai oublié ce que cela fait de s'endormir avec la certitude que personne ne pense à vous.]

Je passe de l'autre côté de la barrière. Et je m'apprête à faire naître des coins dans certains de vos sourires.
Dans le pire des cas, je dois passer 10 jours sans lui. Deux ont déjà "filé".
Par rapport à l'année passée, c'est mieux. Par rapport à l'année d'avant, c'est merveilleux. Et par rapport au calvaire qu'endurent certaines d'entre vous, ça tient du miracle. Je sais.
Il n'empêche que j'ai pleuré dans ses bras à l'idée d'être si longtemps sans lui. Oui, si longtemps. Alors que je venais de lui dire que 10 jours avaient filé entre mes doigts sans que je n'ai le temps de les compter..


Perception.



Je sais que ces dix jours passeront. Je sais qu'ils seront vite derrière moi.
Mais je sais aussi, ou plutôt, je sens qu'ils seront plus lourds, moins doux..
Je vais m'occuper. Travailler mes cours. Travailler tout court. Voir des amis. Et des connaissances que je n'ai pas le temps de voir en temps normal.
Soyons honnête : Si je suis très contente d'avoir le temps de voir mes amis de manière plus intensive, les quelques connaissances citées plus haut, ça n'est pas par manque de temps que je ne les vois pas quand il est là. C'est par manque d'envie.


Il revient dans 8 jours. Pour nos deux ans et demi. Qui me donnent le tournis.
Deux ans et demi. C'est énorme. Et c'est peu, aussi. Puisqu'ils sont passés si rapidement.
J'avais 16 ans et demi. C'est si loin. Si proche.


Perception.


Ce que je sais : Ca passera vite.
Ce que je sens : Une boule logée dans ma gorge quand je compte les jours.


Perception.

# Posté le mercredi 01 août 2007 07:05
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 05:43

Nouvelle une. [On ne donne rien, quand on donne peu.]

Nouvelle une.    [On ne donne rien, quand on donne peu.]
Petite fiction, bercée par des chansons tristes, le film "she's so lovely", un souvenir, et une envie d'essayer autre chose que vous raconter ma vie, toujours. Dites moi. :)

On ne donne rien, quand on donne peu.


"Si t'avais attendu, Si t'avais pris le temps
Si tu n'avais pas tout voulu, maintenant
On aurait gravé chaque jour
Au creux des lignes de nos mains,
Si j'avais su te dire,
Que viendrait pas à pas,
Celui que je vais devenir,
Et que tu ne vois pas
Si tu avais sur lire,
Au travers de l'enfant,
La promesse de nos désirs,
Au delà de l'instant,
On aurait compté chaque jour,
Sur les doigts liés de la main,"




J'allais partir..
Un an, loin d'ici, loin de tout, et
surtout loin de lui.
De ma propre initiative.
Je sais qu'au
fond, il n'a du commencer à y croire que le jour de mon départ. Tellement trop à lui pour tout lâcher. Jamais je n'aurais osé.
Avec le recul, je ne sai
s toujours pas ce qui m'y a poussée. Mais j'ai fait le bon choix.
Un choix
qui m'a déchiré en deux. Je pleurais tellement la veille du départ. Il ne comprenait pas ma décision de le laisser, mais il ne disait rien. Toujours ce foutu principe de laisser à l'autre sa liberté. Ses choix, sa vie. D'être l'un à l'autre, mais de rester à soi. Je n'en pouvais plus, et jusqu'à la dernière seconde j'ai espéré qu'il me demande ne ne pas partir. Pas qu'il me supplie, pas qu'il m'implore, non, juste qu'il me le demande.
Je ne serais jama
is partie, jamais. Si seulement..

Cette sale idée que moi j'aurais pu foutre ma vie en
l'air, et qu'il serait partit quand même. Question d'opportunités de la vie à saisir, de découvertes, de jeunessse, et tout le reste. Toutes ces choses qui me faisaient si peur.

La veille, donc.
Je me suis accrochée à lui comme jamais. On a fait l'amour
, je me souviens de tout, je ne me rappelle de rien. Tout ça est si flou et si net à la fois.
Il m'a
dit qu'il m'attendrait. Ca m'a paru énorme, qu'il dise ça, lui.
Pas certaine d'en avoir
eu la force, si les places avaient été inverses.. Je ne dis pas que je ne serais pas retombée dans ses bras au premier regard le jour de son retour. Simplement que je n'aurais pas eu le courage d'entre dans la peur pendant si longtemps.

Il a eu l'air serein.
Triste mais serein.

Et moi, il fallait que je parte, il fallait que je vive sans lui, pour voir si j'en étais seuleme
nt capable.
Pour être plus forte que lui, juste une fois.

Alo
rs, je suis partie comme ça.
Avec un garçon que je
ne connais pas trop, qu'il connaissait juste un peu plus. Pas parce que
c'était lui, mais parce qu'il allait là b
as. Que ça tombait bien. Et qu'en plus, il avait une confiance absolue en moi. Jamais je ne lui avais donné l'occasion de douter. Avait, oui.

Le premier soir, on s'est arrêtés, on s'est gl
issés dans nos sacs de couchages. J'avais froid, mais je ne disais rien. Il me manquait déjà atrocement. Je devais me retenir pour ne pas lui envoyer des sms par centaines, ne pas l'appeler. C'est une drôle d'impression que de se dire qu'on est mal, et par sa faute à soi. Qu'on fait du mal, aussi. Je me suis endormie en pensant à lui, ses je t'aime de la veille dans les oreilles, prête à rentrer aussi vite le lendemain.

Mais ça aurait été renoncer.
Il fallait que je me batte contre moi même.
Partir avec lui? J'aurais aimé, lu
i sans doute moins. La perspective de passer une année complète seul avec moi. Il ne l'aurait jamais fait. On était de toute façons probablement pas prêts. Alors pourquoi?
Peut-
être la faute à cette petite voix qui me sussurait depuis quelques temps qu'il aurait mieux valu se lancer quitte à se planter quelques mois plus tard, plutôt que de se contenter de ce qu'on avait déjà, même pour plus longtemps. L'envie de plus. L'envie de tout.

Une semaine a passé, puis un mois.
Je comptais les jours avant de le revoir, mais en me trompant parfois, ce qui ne me ressemblait pas. Je lui avais promis de revenir après trois mois, juste quelques jours.
En attendant, mon copain de route et moi nous rapprochions.
C'est une expérience étrange que de se retrouver seule avec un presque-inconnu et d'apprendre à se connaitre doucement, en partageant la même "maison". Il était beau, et je le remarquais seulement. Comme je remarquais seulement l'intêret qu'il me portait. Sa prévenance, et sa façon de s'inquiéter pour moi dès que je trébuchais. C'est comme si je commençais à ouvrir les yeux. Loin de tout, il m'avait fallu un mois pour penser à ce que j'étais en train de vivre et non pas à ma vie d'avant.

Quand un sms
restait sans réponse plus d'une demi heure, c'était la panique. Depuis quelques jours, je n'avais plus cette peur. Parce que je m'habituais? Mon expérience du manque m'a appris qu'on ne s'y habitue pas. C'était autre chose.

Un
soir, il faisait si chaud qu'on s'est arrêtés dans une petite prairie. L'avantage d'une maison qui roule.. Il n'y avait personne, alors on a fait un feu. Il n'y avait personne, alors on a dormi dehors.
Mais pendant la nuit, le
feu s'est éteint, la chaleur s'est dissipée. Je grelottais tellement qu'il s'est réveillé.. Et c'est tout naturellement qu'il s'est glissé contre moi.
Il ne s'est rien passé, évidemment. On
s'est simplement tenu chaud.
Avant de
m'endormir serrée contre son corps, je me suis rendue compte à quel point cette chaleur humaine me manquait. Blottie contre ce garçon trop gentil pour être vrai, mon homme m'a manqué atrocement. Je me suis endormie, le coeur lourd. Est ce que lui aussi s'est endormi contre le corps d'une autre fille depuis le mien? Même sans qu'il ne se passe rien, parce que ma confiance en lui était toute aussi totale que celle qu'il m'avait accordée. Je m'en suis voulue très fort, de lui laisser cette possibilité. C'est contre son corps à lui que j'aurais du m'endormir. Il me manquait.

D'
autres lieux, des rencontres, des soirées, les jours et les semaines passaient de plus en plus vite. Je me décidai enfin à lui téléphonner. Je n'avais pas osé depuis mon départ, réduisant nos contacts aux sms. Une peur terreur de découvrir tout ce qu'il n'a pas la place pour écrire dans un sms. Une peur de se perdre..
Sa voix m'
a fait pleurer. Je lui ai promis de revenir dans moins d'un mois. Il a eu l'air content. Mais.. J'ai été surprise de sentir sa tristesse. Je l'avais toujours imaginé si fort que je n'avais pas pu imaginer qu'il aurait mal.

On a
vait pris l'habitude de s'endormir chaque nuit l'un contre l'autre. Même les nuits ou on ne dormait pas dehors, même les nuits qu'on passaient un peu partout. Il ne se passait rien, mais on s'endormait serré fort, parfois si fort que le matin j'avais des marques sur le corps.
Il m'avait fait comprendre, doucement, qu'il était t
ombé amoureux de moi. Qu'il n'avait rien cherché, et qu'il savait qu'il ne pouvait rien se passer. Mais en m'avouant tout ça, j'avais bien senti que ces phrases se terminaient en point d'interrogation.
J'étais incapable de lui dire oui, tou
t comme je me retrouvais incapable de lui dire non.
Alors, je lui parlais. Vraiment, à coeur ouvert. Que j'aimais si fort mon homme, qu'il me manquait, que je me sentais mal sans lui, mais qu'à coté de ça.. Il y avait cette chos
e contre la quelle j'avais de plus en plus de mal à lutter. La bulle de douceur qu'on avait crée tous les deux. Le fait de n'être jamais seule.

Ce soi
r là, il a essayé de m'embrasser. Je l'ai repoussé, mais je me suis endormie les lèvres dans son cou, les yeux trempés. Culpabilité, envie.. Mon gsm n'a pas arrêté de sonner cette nuit là.
Mon homme qui me répetait que je lui manquais de plus en plus, qui se mettait lui aussi à compter les jours. Dans moins d'une semaine je serais dans ses bras. Et qu'est ce que je faisais? Je m'enroulais autour du corps d'un autre, je respirais ses cheveux, on se levait de plus en plus tard, on se couchait de plus en plus tôt..

La veille du
jour ou j'allais enfin le revoir, la veille de cette semaine en amoureux, de cette semaine à nous, ou personne ne nous dérangerait..
C'est moi qui l'ai embrassé.
Et qui l'ai laissé me faire l'amour.


Le matin, il ne m'a rien di
t en me déposant devant la maison.
Je
lui ai effleuré la joue avec mes lèvres, très vite, en lui disant de me laisser..
Du temps.

Evidemment, en entrant dans la maison, je me suis jetée dans ses bras, je pleurais
tellement qu'il ne comprenait rien, il pensait que je le quittais, il pensait que je revenais, que j'étais si triste ou si heureuse, il ne comprenait pas ce qui m'arrivait..

J'
ai passé une merveilleuse semaine, et ai pris la décision de repartir pour trois moi, et de revenir. Sans rien lui demander de plus que sa présence au quotidien. Je culpabilisais atrocement, mais je ne lui ai rien dit. J'en aurais été incapable. Je retrouvais ses mains, son corps, sa voix, je le retrouvais lui, et le reste perdait toute son importance. Comme toujours.

J'aurais à faire un choix.. Mais
je n'étais pas prête à le faire. Alors, à lui qui ne m'avait jamais menti, je n'ai rien dit.

Je suis repartie le
coeur gros, pour trois mois. Il fallait que j'aille au bout de moi. Il fallait que je sache si je vivrais avec lui au retour, ou sans lui. Il fallait que je décide de tout ça seule. Je devais aller jusqu'au bout.

Je me faisais
l'effet d'un monstre. Comment je pouvais leur faire ça, à tous les deux? Mais surtout à lui, comment avais je pu décider de le quitter, de tout foutre en l'air, juste pour me prouver que la vie serait plus forte que moi, plus forte que notre amour? J'en voulais à mon compagnon de voyage, je lui en voulais, et c'était moi la fautive.

Il m'a
vait prouvé que mon amour n'était pas si pur, pas si indestructible. Que j'étais comme les autres, prête à trahir, à mentir, à salir. J'essayais de me convaincre que je n'étais que ça, une fille poussée par ses hormones, un soir.
Je me protégeais d'autre chose.
D'une histoire qui me faisait peur..

On ne dormait plus ensemble de
puis trois jours, le quatrième soir, je l'ai rejoint. Il ne bougeait pas, ne m'approchait pas. Je me suis couchée contre lui, et j'ai parlé, comme je le faisais depuis le début. Pour qu'il comprenne que je ne jouais pas, que c'était autre chose. Qu'il me fallait du temps pour finir l'histoire qui avait le plus compté à mes yeux.

Il m'a demandé si pend
ant cette semaine sans lui, j'avais fait l'amour avec lui? Oui. Il m'a demandé combien de fois, il m'a demandé les je t'aime, les promesses, les projets, il m'a demandé les détails. Et j'ai tout donné. C'est à lui que j'ai parlé. C'est ce soir là que j'ai pris ma décision.

Dans trois mois, je mettrais fin à la plus jolie histoire que j'avais jamais vécue.
Dans trois moi, je rentrerai chez moi, je le regarderai dans les yeux, lui, le premier a qui j'ai
dit je t'aime, que c'est terminé, vraiment terminé, que je lui ai menti pendant des mois, et qu'il peut m'en vouloir, qu'il peut ne plus m'aimer. Mais que moi, je l'aimerai toujours.. Au fond.

Les trois mois passé hors du temp
s, dans les bras d'un autre, puisque tant que je n'avais pas quitté mon homme, mon amour restait un "autre", un intrus à nos coeurs, à notre histoire, ont filé si vite. Tellement vite qu'en rentrant, on emmenagerait tous les deux. Juste un peu, juste pas assez pour que ça ne se voye. Tellement vite qu'en rentrant, j'allais quitter une histoire d'enfant pour m'installer dans une vie d'adultes qui s'aiment comme des gosses.

En marchant dans l'allée, pui
s en franchissant la porte, j'étais effrayée. Je me répetais sans cesse : c'est la dernière fois que j'entre ici, la dernière fois qu'il va m'embrasser, la dernière fois qu'on sera "nous."
Q
ui aurait cru, six mois plus tôt que je le quitterais, que je m'en irais avec un autre, que je serais heureuse, mais tellement triste d'avoir à lui dire tout ça.

Il avait tout préparé. Il était beau, si beau. Si je n'étais pas tombée si amoureuse d'un autre, je l'a
imerais toujours aujourd'hui. Ses yeux m'ont fait mal quand il a compris.
Il l'a su, au premier regard. Il s'est a
vancé vers moi, je l'ai pris dans mes bras.

"Je suis si désolée, tu n'imagines pas, je suis désolée"
" Vis avec m
oi "

Ces mots qu'il ne m'aurait jama
is dit. Ces mots qui m'auraient fait sauter de joie il y à quelques mois.. Ces mots.. Que je n'esperais plus. Et dont je ne voulais plus aujourd'hui.

" ... On ne s'est jamais rien promis, t
u m'as interdit les projets, tu m'as empêché de rêver, le soir je ne pouvais pas fermer les yeux en pensant au futur, je n'avais pas le droit.. Alors tu peux être déçu, tu peux avoir changé, tu peux être malheureux.. Mais tu ne peux pas m'en vouloir d'avoir fait des projets avec un autre.."
" Ca ne peut pas se finir comme ça. Ca ne peut pas
."


Ca pouvait apparemment.
J'ai passé avec lui douze années merveilleuses. On s'est ren
contrés juste avant nos quinze ans, quelques mois plus tard, on est tombés amoureux. Douze ans plus tard, on s'aimait toujours aussi fort, mais on en était toujours au même point. Et moi.. Je n'en pouvais plus, de l'aimer à l'espoir qu'un jour peut-être..

Je suis partie, et je n'ai jamais regretté mon choix.
Il n'y à que quand je le croise et que ses yeux me rappellent le reste..

C'est du passé tout ça.
Rien n'est éternel, rien ne dure t
oujours.
Rien ne vient à point à qui sait attendre.

J'ai eu besoin de partir.
Une façon
de le mettre au pied du mur, sans rien lui dire.
J'ai eu besoin
de partir, mais une fois partie, je n'ai pas pu me résoudre à revenir.
L'amour est tout. Mais il ne fait pas tout
.
# Posté le mercredi 13 juin 2007 11:01
Modifié le vendredi 11 janvier 2008 05:55